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Les plantes du bien-être, le nouveau livre de l’herboriste Michel PIERRE

Les Plantes du Bien-Etre_Naturo-PassionMichel PIERRE, de l’Herboristerie du Palais Royal à Paris, vient de sortir son dernier ouvrage, Les plantes du bien-être, l’occasion pour moi d’aller à sa rencontre et de vous proposer une courte interview sur sa vision de l’herboristerie d’aujourd’hui et des perspectives de voir émerger un jour ce métier, disparu en 1941 sous Pétain.
Et pour fêter l’événement, Naturo-Passion vous offre la possibilité de gagner un exemplaire, offert par les Editions du Chêne.
Rendez-vous à la fin de l’interview pour voir les modalités de participation.

Florian Kaplar : Michel Pierre, vous êtes herboriste depuis 43 ans. Malgré les tracasseries administratives et judiciaires (cf. cet article), votre passion semble intacte. Comment la vivez vous aujourd’hui ?

Michel Pierre : Avoir des tracasseries quand les règlements, les lois ne sont pas adaptées à la société est un geste citoyen, pour faire avancer, voire aboutir certaines situations anormales. Bien que la situation me provoque quelques insomnies, elle n’altère en rien ma détermination pour que les Français consomment des plantes en toute liberté et sécurité, et cela passe par la création d’un diplôme d’herboriste.

F. K. : La profession d’herboriste n’est plus réglementée depuis la suppression du diplôme par Pétain en 1941. On trouve pourtant de nombreuses plantes en vente libre, sans ordonnance, mais il n’est paradoxalement plus possible de connaître les indications sur l’emballage : il est interdit de voir figurer sur une boîte de tisanes d’artichaut que cette plante est bienfaisante pour le foie. Cela a t-il eu un impact sur votre activité, notamment en terme de sollicitations et de conseils ?

M. P. : A l’herboristerie, je n’ai jamais indiqué d’allégations sur les emballages, la loi l’interdit, bien que je trouve cette situation négative pour le consommateur, mais Il existe une multitude de livres et d’articles de presse donnant ces informations. Par contre, si un client me demande une plante qui n’est pas adaptée au résultat qu’il souhaite, je me permets de l’en informer et de le diriger vers une autre plante. La commission européenne s’est penchée sur ce sujet, tous les jours nous avons des autorisations avec des mots précis sur les allégations concernant les compléments alimentaires a base de plantes.

F. K. : Vous venez de sortir un très beau livre aux éditions du Chêne, “Les plantes du bien-être”. L’engouement pour les plantes ne se dément pas, malgré les pressions d’origines diverses pour empêcher la transmission de ces savoirs ancestraux. Le constatez vous avec l’intérêt porté à votre livre et au quotidien en exerçant votre activité professionnelle ?

M. P. : Cet engouement pour les plantes et les produits naturels est un phénomène de société. Les Français semblent plus attentifs à la protection de la nature et à leur bien être. Ils n’ont plus envie de consommer des substances qui dérèglent une partie de l’organisme, ils sont à l’écoute d’informations pour des solutions douces, qu’il s’agisse de l’utilisation de plantes, de compléments alimentaires, de soins par l’ostéopathie, l’acupuncture, la nutrition.

F. K. : Les plantes pour se soigner seraient sur la sellette alors que paradoxalement de nombreux médicaments sont eux même constitués de principes actifs extraits de plantes. A titre d’exemple, le curcuma, très peu utilisé en France, a envahi nos cuisines en raison de ses puissantes propriétés supposées, notamment contre le cancer. C’est la plante star qui fait l’objet du plus grand nombre de recherches scientifiques en ce moment. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

M. P. : La base de la pharmacopée Française est faite de plantes. On a ensuite isolé un ou plusieurs principes actifs que l’on a réussi à synthétiser. On a perdu l’ame de la plante naturelle, celle qui est composée de ses principes actifs, mais aussi d’une multitude d’autres connus ou inconnus agissant en synergie. Le consommateur exige souvent que les propriétés dont on lui parle soient scientifiquement prouvées, ce n’est pas toujours le cas, il faut alors se fier au savoir ancestral qui est le patrimoine de notre phytothérapie. Cet engouement pour les plantes et les produits naturels interpellent les chercheurs du monde entier, ce qui est très bien pour la santé de l’être humain. Une multitude de découvertes sont à venir. On estime à 8.000 le nombre d’alcaloïdes (ils servent pour la plupart à faire des médicaments, codéine, morphine, digitaline etc) contenus dans les végétaux et à une centaine de découvertes par an par les chercheurs du monde entier.

F. K. : Le 2e congrès des herboristes aura lieu les 17 et 18 mai à Lyon. Vous êtes co-oganisateur avec l’ISPN, Natura-Mundi et l’Ecole lyonnaise des plantes médicinales et pouvez nous en dire un peu plus sur les thèmes abordés cette année ?

M. P. : Le but de ce congrès est de favoriser les échanges avec le public, de parler de l’avenir de l’herboristerie, d’oeuvre pour la reconnaissance de ce métier. L’herboristerie est un secteur très dynamique qui offre de réelles perspectives de créations d’emplois. Ces deux journées ont pour objectif de donner la parole aux acteurs de l’herboristerie, autour de débats et de conférences. Notre invité Jean-Marie Pelt donnera une conférence et nous lancerons la Fédération Française des Ecoles d’Herboristerie, une table ronde pour trouver les moyens d’exercer demain le métier d’herboriste.

F. K. : Le sénateur Jean-Luc Fichet est impliqué dans le combat pour la reconnaissance de l’herboristerie. Même s’il a échoué à faire renaître le diplôme d’herboriste (qui existe pourtant dans de nombreux pays d’Europe), avez vous connaissance des prochaines actions qu’il envisage pour favoriser l’émergence de ce métier qu’apprécieraient des millions de Français ?

Allez vous l’inviter au congrès des herboristes ?

M. P. : Le sénateur Fichet continue son combat, Il est bien sur invité, mais nous devons interpeller les ministères responsables concernés, santé, agriculture, écologie, économie. Le métier d’herboriste est une profession à part entière, il est la garantie de l’usage d’une plante de qualité, il délivre des informations scientifiques ou traditionnelles. C’est le conseiller en plantes de santé et de produits naturels.

F. K. : Comment voyez vous l’avenir de l’herboristerie française ? Le fait que le métier d’herboriste existe dans d’autres pays européens ne pourra t-il pas finalement plaider pour l’instauration d’un nouveau diplôme en France ? Ne faudrait-il pas envisager une négociation ou une coopération avec les pharmaciens qui redoutent de voir une partie de leur monopole leur échapper ?

M. P. : Je le répète, il est indispensable que le diplôme d’herboriste revienne en France. Qu’on le veuille ou pas, l’Europe va s’harmoniser, peut-être verrons nous un jour des herboristes européens (Allemand, Italiens, Belges) s’installer en France, nos détracteurs en rougiront peut être, mais il sera trop tard.
Pour participer au 2e congrès des herboristes qui aura lieu cette année à Lyon les 17 et 18 mai, rendez vous sur cette page du site de l’Institut pour la protection de la santé naturelle.
Pour consulter le programme, cliquez ici.

JEU-CONCOURS

Pour gagner un exemplaire du magnifique livre de Michel Pierre, reconnaissez les trois plantes médicinales sur cette photo (cliquez dessus pour l’agrandir) :
Plantes médicinales_Naturo-Passion
Envoyez votre réponse en passant par le formulaire de contact.
Tirage au sort du gagnant dimanche 27 avril 2014 à 20h.
Bonne chance !
Portez-vous bien !
 Florian KAPLAR
© Naturopathie Passion
Pour acheter le livre, rendez-vous chez votre libraire, ou si vous ne pouvez faire autrement, commandez le ici :

7 réflexions sur “Les plantes du bien-être, le nouveau livre de l’herboriste Michel PIERRE

  • Si ce nouveau regard sur les plantes entières se développe, il sera plus facile de lutter contre les pesticides et les OGM.

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  • Et la gagnante du concours est : Anne Delisle.
    La bonne réponse était : violette, tussilage et bourgeons de pin.
    Bravo Annie, vous allez recevoir rapidement votre livre.

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    • Sandrine JLB

      Bravo Anne. Et bonne lecture de ce précieux ouvrage.

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    • DELISLE-DUGAST

      Bonjour,
      Je viens de recevoir le livre objet du concours. Vraiment il est super. Merci beaucoup.
      Au plaisir de vous suivre sur ce blog, que j’ai découvert récemment et qu’en tant qu’étudiante herboriste, j’apprécie tout particulièrement.
      Cdlt. Anne

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  • C’est justement chez cet herboriste que j’ai commandé mon ortie et ma prêle ! Je pense que je me déplacerai un jour jusqu’à l’herboristerie car je ne sais pas quel médecin aller voir !

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