Pathologies hivernales : les conseils du Dr Jean-Pierre WILLEM - Naturo-Passion.com

Pathologies hivernales : les conseils du Dr Jean-Pierre WILLEM

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L’hiver est là avec le froid et les virus qu’il véhicule. Le carrefour ORL et les poumons seront agressés en premier lieu. Quel rôle joue le poumon ? Outre sa fonction d’oxygénation, il s’inscrit dans une symbolique particulière.

Le poumon engendre le souffle (zhong qi en médecine chinoise), donne la voix et permet la parole. Surface d’échange, le système pulmonaire intègre le monde ambiant et symbolise l’intériorisation. Le poumon rejette le CO2 et apporte l’oxygène au sang. Il favorise les oxydations et donc le catabolisme.

Organe de la communication, l’axe ORL-Poumon partage son origine embryologique (endoderme) avec l’appareil digestif, tous deux ouverts à l’extérieur. Parmi les cinq organes nobles, c’est-à-dire indispensables à la vie (le poumon, le cœur, le pancréas, le foie et le rein), le carrefour ORL et les poumons sont les seuls au contact direct avec l’exogène. Ceci confirme sa symbolique mais souligne aussi une plus grande vulnérabilité, malgré la présence en amont d’organes creux.

Avec le cœur, il crée la dynamique rythmique, inspiration / expiration, aboutissement de l’harmonisation entre les deux pôles, neurosensoriel et métabolique. Avec le rein, il partage l’équilibrage acido-basique de l’organisme

Si dans le monde actuel, les pathologies respiratoires sont de plus en plus fréquentes, elles sont à mettre en relation avec trois niveaux d’atteinte :

  • L’atteinte directe exogène par la modification de l’air environnant (climat, pollution atmosphérique, microbes, ambiances, …).

  • L’atteinte endogène réactionnelle à un rythme de vie parfois délirant ou à des situations stressantes et oppressantes, sollicitant anormalement le système nerveux autonome.

  • L’atteinte de la fonction d’échange typique du poumon symbolisée par la respiration.

LARYNGITE, TRACHÉITE, BRONCHITE

Le larynx avec ses cordes vocales se situe à l’entrée de la trachée ; celle-ci se divise ensuite en deux bronches qui apportent l’air de la respiration à chacun des deux poumons. L’atteinte virale, bactérienne ou parfois allergique peut siéger à l’un de ces trois niveaux et entraîner suivant les cas laryngite, trachéite ou bronchite, qui se traduisent par une irritation des voies aériennes avec enrouement ou seulement modification de la voix, mal ou gêne dans la gorge, toux et parfois de la fièvre.

Le « traitement anti-infectieux standard »

A mettre en œuvre le plus rapidement possible dès le premier symptôme anormal :

HOMÉOPATHIE :

Arum triphyllum

– Le médicament homéopathique de l’inflammation des muqueuses avec impression de plaie à vif, souvent prescrit aux chanteurs ou orateurs.

– Signe spécifique : le timbre de la voix varie constamment.

Bryonia alba :

– Le médicament homéopathique de la toux sèche aggravée par le moindre mouvement.

– Deux signes caractéristiques : l’amélioration par le repos et la pression forte.

Coccus cacti

Origine animale : la cochenille.

Le médicament homéopathique de l’inflammation laryngée avec des mucosités abondantes, filantes, épaisses.

– Deux signes caractéristiques : la toux est aggravée par la chaleur, améliorée dans une pièce froide.

Associez du Cuivre en oligo-élément, seul ou combiné à l’Argent et à l’Or, trois prises par jour les deux premiers jours puis deux fois par jour pendant la durée de l’épisode infectieux,

6 granules de Pyrogenium 5 CH, une fois par jour en une seule prise pendant quelques jours.

+ 20 gouttes de Lehning L 52, dans un peu d’eau, 3-4 fois par jour, s’il existe de la fièvre.

De la vitamine C: un gramme par jour chez l’adulte, 0,5 gramme chez l’enfant, à poursuivre pendant une quinzaine de jours.

La fièvre

La fièvre est la première manifestation de l’organisme à une infection aiguë. C’est une réaction de défense saine et utile de l’organisme qu’il ne faut pas systématiquement combattre, mais au contraire rendre efficace. En effet, une température aux environs de 38° favorise le développement microbien, à 39°, un effet bactériostatique (paralysie des microbes) se manifeste, à 40°, elle devient bactéricide (mort des microbes) et à 41°, bactériolytique (lyse des microbes). En outre, chez l’enfant, les maladies aiguës sont indispensables à la maturation du système immunitaire.

L’utilisation des plantes dans la sphère O.R.L. est principalement axée sur des thérapies anti-infectieuses. Secondairement, la prévention passera par la stimulation du système immunitaire.

La phytothérapie a toujours été une aide précieuse pour soigner l’arbre trachéo-bronchique. En raison de son efficacité, elle est une alternative de choix afin de pallier les effets secondaires que peuvent provoquer les thérapeutiques de synthèse.

La phytothérapie n’est pas une thérapeutique « anti-fièvre », elle favorise la physiologie afin de rendre la température efficace, en permettant la transpiration et le bon fonctionnement des émonctoires. Certaines plantes sont fébrifuges et sudorifiques comme le sureau, la bourrache, la buglosse, le buis. La réglisse est rafraîchissante, pectorale et tonifiante des surrénales. Le saule est anti-inflammatoire et antiphlogistique. Le souci et la pensée sauvage sont antiseptiques et sudorifiques.

TROIS PLANTES DES VOIES RESPIRATOIRES:

Eucalyptus, Marrube blanc, Plantain.

Le Plantain est une plante intéressante pour ses vertus anti-infectieuses, antitussives et antiallergiques.

Le Marrube blanc est employé depuis l’Antiquité contre la toux et les problèmes respiratoires. Il a, avant l’avènement des antibiotiques, longtemps fait partie du traitement de la tuberculose.

L’Huile essentielle d’Eucalyptus : 2 variétés

Eucalyptus radiata : réservée au carrefour ORL

Eucalyptus globulus : réservée aux bronches et poumons

Elles sont antibactériennes, antivirales, anticatarrhales, expectorantes. A prendre dans un peu de miel (2 gouttes) ou en frictions sur la poitrine

Le catarrhe de la sphère O.R.L.

L’apparition des glaires de la sphère O.R.L. correspond, en médecine traditionnelle chinoise, à l’encrassement du pancréas. La diététique est très importante pour le drainage des muqueuses, à savoir ici, la suppression des produits laitiers et des sucreries (surtout raffinées).

Retenons la spécificité des huiles essentielles ayant une action mucolytiques et décongestionnantes par leur richesse en oxyde : Melaleuca quinquinervia, Eucalyptus radiata ou smithii, Myrtus cornmunis, Rosmarinus officinalis à 1,8 cinéol, Cinnamomum carnphora, Melaleuca alternifolia et cajuputiii, Hyssopus montana, Pinus sylvestris, Abies sibirica, Citrus limonum zeste

Rappelons qu’en présence de l’encombrement et de l’infection de l’appareil digestif, la sortie des toxines s’effectue au niveau du carrefour ORL (sinusite-rhinorrhée) qui représente l’émonctoire de l’intestin.

La toux

C’est un réflexe protecteur destiné à débarrasser les bronches du mucus ou autres toxines qui peuvent obstruer l’appareil respiratoire. Une toux sèche est plutôt d’origine allergique, une toux grasse avec expulsion de sécrétions signifie en général que les bronches sont irritées… mais ce n’est pas une règle absolue : l’écoulement peut en effet provenir du nez ou des sinus, descendre dans la gorge, provoquer une irritation… et déclencher une toux avec crachats.

Précisons que la toux, symptôme typique des pathologies pulmonaires, ne doit en aucun cas être traitée comme telle, sans discernement. En effet, elle est toujours significative d’un trouble sous-jacent qu’il est impératif de rechercher avant toute chose. Elle pourrait correspondre à une difficulté voire à une impossibilité émotionnelle à s’exprimer. La toux serait-elle l’expression du non-dit manifesté de manière explosive ?

Retenons comme plantes antitussives d’action centrale le coquelicot, la lavande, le lyciet, l’hysope, la ballote et la laitue vireuse chez les sujets nerveux.

Le grindélia, le sureau, le bouillon blanc, l’aunée, la violette, l’eucalyptus, la guimauve, la mauve, le marrube blanc, l’hédéra hélix, l’hysope, le polygale, le serpolet et le thym ont une action plus périphérique.

Les propriétés expectorantes sont surtout assurées par les huiles essentielles telles que l’Eucalyptus globulus, le Myrte commun, le Cajeput. L’HE d’ Inule odorante est aussi très mucolytique et anticatarrhale utile dans l’encombrement bronchique, dans l’otite séreuse et la mucovicidose.

HOMÉOPATHIE :

L’individualisation des symptômes distingue les toux sèches et les toux grasses.

Trois médicaments de toux sèche :

POSOLOGIE : 3 granules de l’un ou de ces trois médicaments en 5 CH, à prendre toutes les deux heures au début, en espaçant dès l’amélioration.

Bryonia alba :

– Le médicament homéopathique de la toux sèche aggravée par le moindre mouvement et la chaleur. Sécheresse extrême de toutes les muqueuses avec soif intense.

– Deux signes caractéristiques : l’amélioration par le repos et la pression forte.

Drosera rotundifolia

C’est le remède de la toux sèche, déchirante, aboyante.

– Un signe caractéristique la toux entraîne des douleurs costales

Ipecacuanha

C’est le remède de la toux suffocante accompagnée de nausées et vomissements et de la grande accumulation de mucus dans les bronches.

– Deux signes caractéristiques : l’amélioration par le repos, l’aggravation par le mouvement et le grand air.

Deux médicaments de toux grasse :

Antimonium tartaricum :

– Le médicament homéopathique de la toux très bruyante, avec des sécrétions abondantes, un mucus épais difficile à expulser. Dyspnée importante avec battement des ailes du nez.

Coccus cacti :

– Origine animale : la cochenille.

– Le médicament homéopathique de l’inflammation laryngée avec des mucosités abondantes, filantes et épaisses.

– Signes caractéristiques : la toux, sous forme de quintes brèves mais intenses, est aggravée par la chaleur, améliorée dans une pièce froide.

LORS DU PASSAGE DE TOUX SÈCHE À TOUX GRASSE :

Hepar sulfur.

POSOLOGIE : 3 granules en 7 CH, à sucer toutes les trois heures, en espaçant dès l’amélioration.

  • Origine chimique : mélange de soufre et de calcaire d’huître.

  • Le médicament homéopathique des infections avec suppuration (laryngite).

Deux signes caractéristiques : la toux rauque, aboyante est améliorée par la chaleur, aggravée par le moindre courant d’air. Hypertrophie des amygdales.

RHUME ET RHINOPHARYNGITE

Une majorité de Français s’enrhument une à deux fois par an, c’est dire la fréquence et l’importance de cette affection somme toute banale.

Le rhume, infection virale de la muqueuse nasale et des conduits qui laissent passer l’air, se transmet d’une personne à l’autre par les minuscules gouttelettes en suspension dans la salive et la respiration. Ses symptômes consistant le plus souvent en un écoulement nasal plus ou moins clair et épais, mais le nez peut à l’inverse parfois être bouché.

La rhinopharyngite, inflammation simultanée du nez et de la gorge, la plupart du temps virale ou bactérienne, mais quelquefois d’origine allergique, est très contagieuse, fréquente dans les crèches et les collectivités. Elle entraîne un écoulement nasal mais aussi de la fièvre qui peut être élevée, un mal de gorge, une toux d’irritation déclenchée par l’écoulement…

On peut considérer de façon très schématique que le nourrisson fait plutôt des rhumes simples, l’enfant des rhinopharyngites et l’adolescent des angines.

MESURES PRÉVENTIVES :

  • Retrait, si possible, de l’enfant de la crèche.

  • Soins d’hygiène avec lavage des mains fréquents.

  • Réduction du chauffage dans la chambre avec interdiction d’y fumer.

  • Humidification systématique de l’atmosphère par des saturateurs d’eau dans lesquels on peut ajouter de l’Eucalyptus ou une diffusion atmosphérique.

  • Identification et neutralisation d’un facteur allergique.

Homéopathie

En fonction de l’écoulement du nez :

Clair, narines irritées : ALLIUM CEPA 5 CH

Clair, yeux irrités : EUPHRASIA 5 CH

Clair, yeux et nez irrités : NAPHTALINUM 5 CH

Fluide, jaune et irritant : HYDRASTIS 5 CH

Jaune et non irritant : PULSATILLA 5 CH

Verdâtre : MERCURIUS SOLUBILIS 5 CH

Verdâtre, irritations, saignements : MERCURIUS CORROSIVUS 5CH

Épais et formant des croûtes : KALIUM BICHROMICUM 5 CH

Coule la journée, se bouche la nuit : NUX VOMICA 5CH

Éternuements en salve : SABADILLA 5 CH

Ganglions : SULFUR IODATUM 5 CH

3 granules 3 fois par jour, jusqu’à la fin du rhume.

Un complexe (au choix) :

BORIPHARM n°8 (Dolisos)

3 granules, 4 fois par jour, jusqu’à amélioration des symptômes.

CORYZALIA (Boiron)

2 comprimés à laisser fondre toutes les heures.

HOMEODOSE 8 (Dolisos)

20 gouttes dans un peu d’eau, 2 à 3 fois par jour.

  • Nez Bouché

Sambucus nigra (le sureau noir)

  • Coryza sec, avec obstruction complète du nez : on peut respirer que par la bouche. Le nourrisson ne peut téter.

  • Enrouement avec mucus gluant, épais dans le larynx.

  • Laryngite striduleuse : l’enfant s’éveille brusquement vers minuit avec une suffocation intense, une toux brusque et étouffante. Cyanose de la face et des extrémités. L’enfant inspire mais ne peut expirer.

Prescrire en 5 CH, trois granules toutes les 5 à 10 minutes. Espacer suivant amélioration.

Stimuler l’immunité

Lorsque les pathologies de l’arbre respiratoire sont récidivantes, il importe de stimuler le système immunitaire avec l’échinacée ou le thym, des champignons (shiitaké et maitaké), le lapacho et les conifères (Epinette noire et Pin sylvestre). A prendre en Huile Essentielle. Massage au niveau des reins.

 ECHINACEA COMPLEXE n°40 (Lehning)

20 gouttes dans un peu d’eau, 3 fois par jour, 1 semaine par mois.

 THYMULINE 9 CH

1 dose 3 jours de suite.

STIMU +

2 fois 2 gélules (PHYT’INOV).

Dr Jean-Pierre WILLEM

Portez-vous bien !

 Florian KAPLAR
© Naturo-Passion

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