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La pauvreté volontaire est un luxe

Mes dix jours de jeûne_Naturo-Passion

Le jeûne, ou abstinence volontaire et temporaire de nourriture, sort de son contexte religieux dans lequel il a longtemps été exclusivement cantonné.

La science s’y intéresse, des publications sortent régulièrement montrant les bienfaits sur l’organisme mais les réticences tant individuelles que sociales sont encore bien tenaces et ancrées.

Se priver de nourriture ? Pourquoi faire ? Dans quel intérêt ?

Alors que nous sommes pour beaucoup en quête de sens, la pratique du jeûne a, au contraire de tous les a priori qu’elle peut susciter, la possibilité de recaler certaines fonctions et recadrer notre être tout entier, physiquement comme mentalement.

Là, je vous propose de prendre connaissance du témoignage de Romain, un Français de 25 ans qui a testé le jeûne pendant 10 jours.

 

Voici la quatrième de couverture du livre.

Un jour, Romain , jeune français de 25 ans, a simplement décidé d’être son propre cobaye et donc de voir par lui-même ce que c’était que de jeûner, n’ayant comme garantie contre la folie d’une telle entreprise que sa gratuité et ses antiques précédents que sont les philosophes grecs et les sages de toutes les nations, et n’ayant comme justification, comme motivation, seulement l’amour secret qu il porte à la rébellion. Cet ouvrage n’est rien d’autre que le témoignage, le récit de cette expérience… La pauvreté volontaire est un luxe.

Romain Guérin livre son témoignage dans ce très court récit de 80 pages qui se lit très facilement et qui peut laisser sur sa faim. Mais comme toute expérience, elle a un début, elle a une faim, euh, pardon, une fin.

J’ai reconnu beaucoup des sensations décrites par Romain pour les avoir moi-même vécues lors de mes premiers jeûnes : faim, doute, courbatures, acuité, sérénité, béatitude, etc.

Ce témoignage a le mérite de montrer qu’il est tout à fait possible de faire un jeûne sans un accompagnement dédié, médical ou non, à condition bien sûr de ne souffrir d’aucune pathologie contre indiquée (il est tout de même recommandé de ne pas s’engager dans une telle aventure tête baissée sans avoir sollicité un avis médical préalable).

L’auteur égrène son récit d’anecdotes amusantes comme lorsqu’il avait été invité au restaurant et qu’il avait dû s’abstenir de manger pour ne pas rompre son jeûne, passant presque pour un fou.

Les citations sont éclectiques, parfois étonnantes compte tenu de la jeunesse de l’auteur, et toujours percutantes : Rimbaud, Spinoza, Brassens, La Fontaine, Gainsbourg, etc.

Si l’« expérimentateur » a commis durant son jeûne ce que d’aucuns qualifieront des erreurs, comme boire une bière durant son jeûne ou débuter la réalimentation avec un café et deux croissants*, il n’en demeure pas moins que ce récit-témoignage fait office d’oeuvre cathartique, littéraire, politique et philosophique.

« S’infliger la faim sans que rien ne vous y oblige est une action hautement morale qui non seulement nous rend familiers avec les souffrances de la faim mais surtout nous rend familiers avec ses manifestations trop souvent incomprises et jugées sévèrement (l’agressivité, la colère, l’irrespect, l’envie…) ».

Dans une société en quête de sens où la nourriture est partout présente voire envahissante, où le lien entre cette nourriture et la terre nourricière est devenu si ténu voire inexistant, l’expérience du jeûne pratiqué sans motivation religieuse, va t-elle devenir un acte militant ?

En fin de compte, seuls ceux qui n’auront jamais testé cette pratique, qui soit-dit entre nous ne pourra jamais faire l’objet d’un dépôt de brevet, ne pourront ressentir les processus internes d’autoguérison qu’elle déclenche.

Une pratique millénaire, qui se redécouvre aujourd’hui, en marge du jeûne religieux. Elle ne demande aucun argent, « juste » un peu de volonté et un peu de courage.

Mais n’en faisons pas une panacée. La pauvreté volontaire est un luxe, certes, mais encore plus quand on sait qu’elle ne sera que provisoire…

Si vous n’avez pas de libraire à proximité de chez vous, vous pouvez commander le livre ici :

Portez-vous bien !

 Florian KAPLAR
© Naturopathie Passion

(*) L’estomac de l’auteur s’en souvient encore… Pour ma part, je vous conseillerai plutôt le classique jus de légumes frais.

NB : Sur ce sujet, je vous invite à relire l’interview de Thierry de Lestrade qui a réalisé le film « Le jeûne, une nouvelle thérapie ? », et rédigé un livre éponyme, parmi l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur que j’ai lu, et qui complète utilement le documentaire.

9 comments

  1. islam dit :

    bonsoir étant musulman je connais le jeune sa fais du bien aussi au niveau santé un petit repos pour l’organisme 🙂 mais faut accompagné le jeune d’une bonne alimentation le matin et le soir autrement sa sert pas a grand choses …

    • Florian dit :

      Attention, le jeûne hydrique durant plusieurs jours n’a absolument rien à avoir avec le jeûne pratiqué par les musulmans.

    • Camion dit :

      De fait, le jeûne pratiqué par les musulmans pendant le ramadan ressemble plus au jeûne fractionné des bodybuilders, mais pendant un jeûne hydrique long, on ne mange pas non plus la nuit 😉

    • Avec le ramadan, oui, techniquement tu jeûnes l’ami, mais seulement quelques heures puisque tu ne passes même pas 24 heures d’affilée sans manger.
      Jeûner 3 jours veut dire ne rien manger 72 heures ; jeûner 10 jours veut dire ne rien manger pendant 240 heures…
      Le ramadan, c’est très bien, mais c’est autre chose.

  2. woerly dit :

    La démarche de jeûne est une démarche d’écoute et de recentrage de soi. Pour ma part, je l’ai testé cet été après avoir découvert un ouvrage sur le jeune et avoir visionné un documentaire sur ARTE. J’ai préparé ce jeûne en m’alimentant plus légèrement la semaine qui a précédé et je me sentais prête dans ma tête et mon corps(j’avais fait une prise de sang et de poids avant histoire de rassurer mon entourage). J’ai ainsi pu jeûner pendant 15 jours via eau et tisane. Passé le cap des 3 jours qui ont été un peu compliqués, la suite s’est déroulée telle une évidence. Mon esprit était beaucoup plus vif, mes sens (notamment l’odorat)décuplés. La reprise aussi importante pour ma part est à revoir… J’étais invitée à une crémaillère et j’ai gouté à toutes les crudités et fromages…dur dur la digestion qui a suivi… On peut jeûner et rester gourmand(e) cependant. J’ai réalisé le jeûne pour ma part dans une volonté de purification et je crois avoir en partie réussi ce premier essai. Socialement, cela reste qqch d’assez difficile à comprendre pour les proches mais l’occasion d’un sujet d’échange…

    • Florian dit :

      Merci pour votre témoignage, mais vous avez raison, la phase de reprise alimentaire est très important et doit être très progressive, faute de quoi on peut aller de sérieux désagréments qui amenuisent tous les bienfaits tirés du jeûne. En tout cas, 15 jours pour un premier jeûne, BRAVO !

  3. Nicole dit :

    Voilà , j’ai commencé un jeune il y a une semaine maintenant et pour faciliter les choses mon compagnon et moi sommes partis quelques jours dans un gite proche de la nature. Nantis de l’expérience des internautes et les livres de FR. Wilhelmi de Toledo et de Hellmut Lutzner, nous avons suivi leurs préceptes et le résultat est là. Je continu mon jeun à la maison (mon compagnon le rompt aujourd’hui.)Je suis tellement bien dans ma peau que je ne me rends même pas compte de l’absence de nourriture, j’en oublierais même de « passer à table  » pour le bouillon du soir que j’améliore avec du Pianto. Je me sens dégonflée et très sereine. Pour info,j’ai 68 ans, je suis une fine cuisinière mais le fait de jeuner ne m’empêche pas de feuilleter mes livres de cuisines en rêvant à …plus tard!

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