Vos enfants savent-ils ce qu’est une betterave ? | Naturo-Passion.com

Vos enfants savent-ils ce qu’est une betterave ?

J’ai été halluciné de lire dans une enquête de l’Association Santé Environnement France [1], où 910 écoliers âgés de 8 à 12 ans ont été interrogés, que près de 90% ne savaient pas ce qu’était une betterave. Ils sont un sur trois à ne pas savoir identifier un poireau, une courgette, une figue ou un artichaut. Un enfant sur cinq ne reconnaît pas l’abricot…

A la maison on a eu un peu de mal à faire manger des betteraves aux enfants mais ils savent tous ce que c’est, ils ont 4, 5 et 6 ans.

[Entre parenthèses, une petite astuce pour tenter de leur faire aimer la betterave, ça a marché chez nous, mais à petite dose, c’est d’inclure la betterave crue râpée dans une salade composée incluant : carottes râpées, salade verte, pois chiches, échalote.]

Je me souviens d’autres études où lorsqu’on demandait à des enfants de dessiner un poisson ils dessinaient des rectangles en référence au poisson pané qu’ils avaient dans leur assiette. Il est toujours difficile pour un enfant de faire le rapprochement entre la viande ou le poisson qu’il a dans son assiette et l’animal qui était bien vivant avant d’être sacrifié pour lui servir de nourriture.

L’étude de l’ASEF en question ne dit d’ailleurs pas autre chose : « Une grande majorité des écoliers ne sait pas ce qu’il y a dans les pâtes et près de la moitié ne connait pas l’ingrédient principal du steak haché, des chips, du jambon, nuggets et pop corn. Un enfant sur quatre ne sait pas que les frites sont des pommes de terre, le yaourt du lait et le poisson pané du poisson… »

Préparez vous-mêmes des repas pour vos enfants, associez les à ce moment important dans leur éducation

J’entends beaucoup de parents me dire qu’ils n’ont plus de temps pour cuisiner. Un soir de la semaine où je récupérais les enfants, la maman d’un copain de mon fils nous accompagnait sur le chemin de retour à la maison. Aussitôt arrivé (18h30), j’ai ouvert le frigo, sorti 2 carottes, 1 fenouil, du chou blanc. J’ai épluché, émincé ou râpé en julienne. J’ai mis tout ça dans une poêle en inox dans laquelle j’avais fait frire un oignon émincé et deux gousses d’ail écrasées dans de l’huile d’olive. Sans oublier les épices et condiments : curcuma, paprika, cannelle, sel, poivre, herbes de Provence, persil frais. Le tout à feu doux pendant 15 minutes, et hop c’était prêt. Ça sentait bon, hummm une merveille !

Tout en préparant le repas, je pouvais discuter avec elle et elle me lançait donc cette phrase fatidique : « Mais Florian, comment trouves tu la force de cuisiner après une journée de travail ? » Et là ma réponse a été claire et je luis dis : « Regarde, cela fait seulement 10 minutes que nous discutons et ma poêlée de légumes est déjà quasi prête, je l’ai préparée avec beaucoup de plaisir et d’amour, et je sais que nous allons tous nous régaler. Ça suffit à me donner du courage pour le faire. »

Pour moi se nourrir ne consiste pas à se remplir le ventre avec n’importe quoi. Le Dr Kousmine répétait à l’envi « Votre corps est un temple, n’y faites pas entrer n’importe quoi ». Dieu qu’elle avait raison !

La préparation d’un repas doit être une joie et non une corvée. Les crudités (il faut augmenter sensiblement la part du cru dans nos repas) peuvent se préparer à l’avance et permettent de gagner du temps. Un coleslaw maison sera encore meilleur le lendemain ! Et quoi de plus simple à préparer. Comparez le prix au kilo du coleslaw déjà prêt et celui du kilo de carottes et de chou. Pour le prix du coleslaw tout prêt, achetez vous pour le même prix des légumes bio et faites votre coleslaw vous même !

Si nous nous alimentons de plats tout prêts, préparés la plupart du temps industriellement, ne nous étonnons pas de manquer de vitalité. C’est ensuite un cercle vicieux. Nous manquons de vitalité parce que nous ne nous alimentons pas correctement. Nous nous tournons alors de plus en plus vers la nourriture industrielle par facilité : pizza, pâtes au fromage, steak-frites, etc. qui épuisent notre organisme plus qu’ils ne le vitalisent et la boucle est bouclée…

Organisez vous, préparez vos repas !

Nous gaspillons trop la nourriture

Regardez cette courte vidéo, édifiante, qui raconte l’organisation du « banquet des 5000 » qui s’est tenu à Paris le 13 octobre 2012. 5.000 convives ont dégusté un repas élaboré exclusivement à partir de produits qui étaient sur le point d’être jetés.

Nous devons changer notre rapport à nourriture. Cela peut vous paraître peut-être bizarre, mais, chez nous, à la maison, nous ne jetons JAMAIS de nourriture, même pas un morceau de pain. Par respect pour ceux se sont donnés de la peine pour la produire, mais aussi par responsabilité, par prise de conscience et par souci d’économie, il ne faut pas se le cacher.

Paradoxalement, alors que la nourriture n’a jamais été aussi abondante et accessible, nous ne savons plus comment bien nous nourrir. Nous préférons nous tourner vers l’alimentation facile et qui nous attire : alimentation souvent dénaturée et grasse, sucrée, trop riche en protéines animales, etc.

L’école ne dispensant à nos enfants aucun conseil en nutrition, la responsabilité de l’éducation alimentaire repose clairement sur les épaules des parents. Il faut que vous preniez cela en charge, personne ne le fera à votre place, et personne n’est mieux placé que vous pour faire l’éducation alimentaire de vos enfants. S’ils vous voient cuisiner, si vous les associez à ces moments de convivialité que sont la préparation et le partage du repas de famille, ils seront beaucoup plus sensibilisés à ce qu’est une bonne alimentation, équilibrée, lorsqu’ils seront adultes.

C’est l’une des meilleures choses que vous pouvez faire pour l’éducation de vos enfants : apprenez leur ce que sont les différents aliments à notre disposition, pourquoi nous les mangeons, ce qu’ils nous apportent en terme de santé ou de maladie, etc.

Leur soif de savoir est immense, ne les sous-estimez pas dans ce domaine, comme dans les autres, ils vous diront merci plus tard.

Je vous laisse analyser ces chiffres qui démontrent les ravages de la malbouffe, rien qu’en France, et ce n’est pas le « mangez moins salé, moins sucré » que les enfants voient défiler à la télévision qui va changer quelque chose, c’est clairement insuffisant :

  • La moitié des Français adultes est en surpoids ou en obésité
    • 15 millions sont en surpoids
    • 7 millions sont obèses (le nombre d’obèses a doublé sur les 12 dernières années),
  • 3 millions de diabétiques (5 millions en 2022)
  • 10 millions d’hypertendus
  • L’obésité touche un enfant sur 6
    • la tranche d’âge la plus touché est 7-12 ans
    • deux tiers des enfants obèses le demeureront à l’âge adulte

Je continue la liste ?

Combien de temps allons nous pouvoir supporter ça ?

Réapprenons à préparer des repas, simples, faciles et rapides, c’est possible.

Le prétexte du temps est un faux prétexte. On trouve bien du temps pour d’autres activités moins primordiales comme regarder la télévision : près de 4 heures par jour pour les adultes ! Vous avez bien lu… Et on ne trouverait pas de temps pour préparer un repas pour ceux qu’on aime et le partager ensuite avec eux… la télé éteinte il va de soi ?

La paresse progresse partout. Tout est fait pour nous prendre par la main, pour nous faciliter la vie (vous prenez les escalators ou les escaliers ?). Avec l’alimentation c’est pareil. Si vous allez au supermarché, vous pouvez acheter une quantité phénoménale de produits qui ne vous demanderont aucun effort. Vous les mangerez sans réfléchir, en regardant votre émission de télé préférée, vous n’entendrez plus vos enfants quand ils vous parlent, ils ne vous parlent d’ailleurs plus, trop pressés qu’ils sont de se jeter sur leur console de jeux sitôt l’épreuve du repas familial passée…

Fuyez la facilité, réapprenez l’effort, celui qui vous fait vous sentir bien, comme après une séance de sport où vous vous êtes bien dépensés. Avec l’alimentation c’est pareil. Ne laissez pas les industriels dicter vos goûts et vos choix alimentaires. Ils rusent de combines pour vous faire acheter leurs nouveaux plats. Réappropriez vous les légumes, les légumineuses, les céréales, découvrez de nouveaux aliments (vous connaissez le quinoa ? Ca change du riz !), cuisinez les comme vous les aimez !

En une phrase : redécouvrez le plaisir de vous faire plaisir en cuisinant.

Et au fait, vos enfants savent-ils ce qu’est une betterave ? Demandez leur et venez nous dire… J’attends vos commentaires.

SOURCE :

[1] http://www.asef-asso.fr/mon-enfant/notre-enquete-repas-des-enfants/1786-l-assiette-des-enfants-l-enquete-des-medecins-de-l-asef

7 comments

  1. Tissier dit :

    Excellent article. J’approuve entièrement ce que vous dites.

  2. Florian dit :

    Merci Yves.

  3. MENEI dit :

    SI VOUS PENSEZ QUE L’ÉCOLE DOIT DONNER L’EXEMPLE ET SOUTENIR LES
    PARENTS SOUCIEUX D’UNE BONNE ÉDUCATION ALIMENTAIRE AU LIEU DE
    CONTRECARRER LEURS EFFORTS……CETTE PÉTITION EST LA VÔTRE (et
    celle de vos amis ?)

    pétition contre le coca-cola à l’école

    http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/minist%C3%A8re-de-la-sant%C3%A9-interdire-les-sodas-dans-les-%C3%A9coles-publiques#share

  4. Yasmina dit :

    Bonjour,
    Très bel article, très juste… Mon petit de 3 ans connaît beaucoup de légumes et fruits car nous sommes végétarien à la maison. On croque tout cru les légumes sans trop de préparation, on cède parfois à la facilité d’une pizza ou frites surgelés mais dans l’ensemble c’est équilibré. Je ne sais pas faire autrement que de cuisiner pour m’alimenter en fait ! C’est plutôt simple une fois les réflexes établis et surtout de bons condiments, épices et sauces diverses!

  5. Veronique dit :

    Bien qu’ayant 3 ans cet article est d’une actualité prenante.
    Il est éminemment bien mené si ce n’est votre indulgence qu’il me semble nécessaire de soulever. Certes le rôle de l’éducation et en l’occurrence, l’éducation alimentaire, revient aux parents mais c’est sans compter le rôle d’instruction qui revient à l’école et qui va en totale contradiction à ce que nous pouvons dire à nos enfants, surtout si nous ne rentrons pas dans le moule de la consommation que votre article dénonce. Mes enfants ont été notés en retard d’acquisition de vocabulaire en CP parce qu’ils n’ont pas identifié une boucherie lors des tests en image. Je leur ai expliqué en retour de quoi l’un d’eux (un peu effronté, je l’avoue) est retourné voir sa maîtresse et lui a demandé d’identifier 3 sortes d’algues qu’il consommait régulièrement et lui a montré en ovni (à l’époque), à savoir du quinoa. La maîtresse n’a pas aimé être mise à défaut par un môme de 5 1/2 ans mais elle a revu les notes sur l’acquisition de vocabulaire.
    Et ne parlons même pas des pédiatres qui ne jurent que par les biberons de lait de vache, pourtant tant décrié depuis quelques années, et les petits pots industriels.
    En résumé, vouloir éduquer ces enfants es un parcours du combattant mais qui vaut largement le coût d’être mené quand on voit comment ils grandissent et comment ils contournent le système des cités universitaires plus tard en parvenant à se nourrir sainement et en bio en vivant avec une modeste bourse. A leur tour, par l’exemple, ils parviennent à convaincre d’autres jeunes à changer et s’ouvrir à une meilleure alimentation.

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