Déborah Donnier - Dr Donatini_Naturo-PassionAu dernier congrès Eurêka d’Aix-en-Provence, le Dr Bruno Donatini a accordé une interview à Déborah Donnier de Prévention Santé qui m’a aimablement autorisé à vous la partager.
Que faire en cas de dysfonctionnements ou de déséquilibres de la flore intestinale (dysbiose) qui peuvent être à l’origine de nombreuses maladies ?
Faut-il utiliser les probiotiques ? Peut-on recourir aux huiles essentielles ? Aux champignons ?
Durant quinze minutes, le Dr Donatini expose les techniques simples et naturelles qu’il a mises au point pour détecter puis prendre en charge ces problèmes, à l’aide d’huiles essentielles ou de champignons. Il dispense par la même occasion quelques conseils de bons sens faciles à suivre pour retrouver ou conserver une bonne flore intestinale.
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Retranscription par mes soins

Présentation du Dr Bruno Donatini

Je suis un médecin qui essaie de vérifier tout ce qui peut avoir un impact par l’alimentation sur notre tube digestif, en particulier, qui essaie d’améliorer l’absorption des nutriments, de baisser les flores intempestives et qui utilise des appareils nouveaux pour le profane qui sont des appareils qui mesurent les gaz respiratoires, ça permet d’évaluer la quantité de bactéries, les bonnes et les mauvaises bactéries qui peuvent s’y trouver, d’améliorer la vidange de l’estomac et le transit digestif, cela permet d’assainir le microbiote, c’est-à-dire l’ensemble des bactéries qui nous aident à nous nourrir mais qui parfois nous empoisonnent avec leurs toxines ou nous inflamment lorsqu’elles sont en présence de façon excessive.

Faut-il prendre des probiotiques  ?

J’ai un avis tranché qui n’est pas partagé par la plupart de mes confrères mais je reprends la physiologie, j’aime beaucoup l’anatomie et la physiologie qui sont des sciences éprouvées par le temps. La physiologie nous dit : très peu de germe dans la bouche, très peu dans l’œsophage, pas du tout dans l’estomac l'(acidité participe largement à cette décontamination), le duodénum également dépourvu de germes, on va avoir petit à petit très peu dans l’intestin grêle, et finalement ce n’est qu’au niveau du colon, après valvule qui empêche le reflux, que va s’établir une flore très abondante, qui va proliférer grâce aux débris non absorbés dans le jéjunum et dans l’iléon c’est-à-dire l’intestin grêle. Pas de probiotique si tout va bien et s’il y a trop de bactéries dans l’estomac et le grêle c’est aussi une contre-indication, il y en a trop, on ne peut pas combattre un excès de bactéries en rajoutant des bactéries, ce n’est pas logique ou du moins il faudrait pouvoir mesurer les gaz et observer une baisse des gaz par l’ajout des probiotiques.
Donc le probiotique c’est un produit qui se veut thérapeutique alors qu’il n’y a pas souvent de précautions de mesures préalables. Donc premièrement, mesurer, c’est l’un des grands principes en médecine, nous sommes des praticiens, nous observons, nous devons utiliser des outils de mesure et vérifier  notre action de façon à ne pas commettre d’erreurs

C’est mon premier grand message : mesurer avant d’utiliser un traitement, car probiotique égale traitement.
C’est un échange extrêmement étroit avec les microbiote de notre entourage proche (transports en commun, cantines, lieux de travail, sol, murs, poignées, etc.). nous sommes entourés d’éléments infectieux. il faut bien établir diplomatiquement des compromis.

Que est ce que vous avez mis au point pour mesurer ?

Il y a d’abord des signes directs d’infections ; si vous avez fréquemment des boutons de fièvre, des angines, rhinites, otites vous avez une immunité faible, vous avez certainement des infections chroniques virales dans la bouche, etc.
Il faut que le médecin ait le temps et le déclic d’ouvrir la bouche de ses patients, on y voit des lésions qui peuvent être des parodontopathies, associées au virus d’Epstein-Barr et au cytomégalovirus (cf. publication d’une équipe niçoise dans un grand journal américain en décembre 2013 indiquant le lien étroit entre infections à Epstein-Barr et parodontopathies).
Il faut ouvrir la bouche et constater.
Autre possibilité pas donnée à tout le monde : faire des petits prélèvements par des cotons tiges sur les collets des dents et aller faire doser par amplification génique 3 types de virus :

  • le papillomavirus qui peut donner un cancer ORL
  • le virus d’Epstein-Barr (infection chronique pouvant donner parfois donner cancer d’estomac en association l’Hélicobacter)
  • le cytomagalovirus très agressif

enfin, on peut faire une sérologie, une prise de sang, pour voir s’il y a des taux élevés d’anticorps vis à vis de virus et on verra si le patient est infecté ou pas.

Nous avons encore cette possibilité indirecte de mesurer les gaz respiratoires ; si vous avez beaucoup de virus, ils vont altérer votre muqueuse ou votre vidange gastrique au point de générer une malabsorption des sucres et donc les bactéries vont trahir cette malabsoprtion et vous indiquer beaucoup de gaz.
Le probiotique ne peut pas répondre à cette problématique virale, vous manquez le traitement du primum movens c’est l’infection virale au début, puis la malabsorption puis la bactérie. Là, il y a une erreur dans la physiologie et la pathogénie fondamentale, on traite un peu sans savoir, sans mesurer, c’est ce que je déplore. On donne des probiotiques à tout va sans mesurer,  ça devient une habitude plutôt qu’une réflexion.
L’exemple simple : l’estomac qui ne se vide pas.
C’est un cas très souvent présent chez les gens stressés, les gens qui prennent du poids, qui ballonnent sur la partie haute. On s’intéresse de plus en plus à la gastroparésie (mauvaise vidange), vous imaginez bien que sur un estomac plein de nutriments qui est censé ne pas être infecté, si vous faites ingérer des probiotiques vous vous êtes totalement trompé.Vous faites un réservoir, un véritable « bidon de bière » inapproprié dans un lieu qui ne doit pas être infecté et qui va comprimer le duodénum qui est derrière, vous allez coincer le duodénum vous avez l’estomac qui marche sur son tuyau de vidange, c’est une catastrophe, vous générez un cercle vicieux, vous générez la dilacération du système nerveux autonome. vous faites le premier pas vers le stress, la dépression, l’anxiété qui devient ingérable.

Vos recommandations ?

Manger des produits plutôt cuits, suivre la recommandation « beaucoup de légumes, quelques fruits ». La recommandation « 5 fruits et légumes » va certainement être spécifiée. Selon le British Medical journal de la semaine dernière, il faut plutôt manger 5 légumes 2 fruits. Les légumes sont indigestes quand c’est cru, il faut donc plutôt les cuire. Eliminer éventuellement un peu d’oligofructosides, blanchir les légumes si on ballonne, les fruits un peu en dehors des repas.
Equilibrer avec des omégas 3, des bonnes huiles insaturées et des protéines assimilables : poisson, viandes blanches, dans un climat méditerranéen, tout cela est parfait.
Déjà une bonne alimentation, si possible bio, biodynamisée… Une terre riche naturelle qui va enrichir tous ces produits avec des endobactéries ou des endomycorhizes. tout ça c’est une alimentation vivante.
Ne pas manger de grandes quantités sinon votre estomac va se distendre, ne pas boire trop d’eau pendant le repasjamais de gazeux, éviter trop d’alcool, très peu d’alcool, pas de vinaigre cela risque d’ensemencer un estomac un petit peu au ralenti. Voilà le grand principe : ça, ça peut suffire à rester en bonne santé.
Que faire si vous avez des problèmes avec trop de bactéries ? Pas de probiotiques, plutôt des huiles essentielles, pas en grande quantité, pas d’antibiotique bien entendu, des huiles essentielles en petite quantité? Leur  choix va être déterminé par le type de flore prédominante, c’est le test respiratoire qui va nous le dire :
– beaucoup d’hydrogène : plutôt du thym et de la menthe
– beaucoup de méthane : plutôt de l’origan et de la cannelle
Si vous suspectez une atteinte virale, Il va falloir être plus spécifique. Je ne connais pas toutes les plantes mais je connais bien les champignons, dont ceux qui vont diminuer l’infection par herpès et papillomavirus, les grands champignons classiques : le Coriolus, le Ganoderme, le Shiitake, entre autres, il y a certainement des alternatives en phytothérapie, mais je connais mieux les champignons.

Les champignons

Le champignon est un bienfaiteur silencieux, c’est un modeste souterrain qui est essentiel pour la racine des arbres et de tous les végétaux. Sans champignon, pas de plantes vasculaires, pas d’arbres, pas de fleurs. Il va créer un réseau souterrain, une sorte d’internet de la forêt, un petit réticule des nanoparticules, avec des nanocircuits sur des hectares, sur des centimètres d’épaisseur.
Ça va minéraliser la terre puisque ça arrive à transformer le CO en bicarbonate et surtout en acide carbonique qui va prélever les nutriments des roches. Ca va favoriser le cycle du carbone en décomposant la lignine et ça va rerépartir les sucres aux différentes racines.
Ça multiplie par 1.000 à 10.000 l’accroche de l’arbre au sol. S’il n’y avait pas les mycorhizes, l’arbre tomberait de son déséquilibre. Donc c’est un élément nutritionnel essentiel, il va apporter des vertus protectrices à l’arbre. Il n’y a pas d’infections virales, très peu d’infections bactériennes, la forêt est une zone très très saine.

On estime qu’il y a 4 particules infectieuses au m3 dans une forêt alors que dans les grands magasins, on est bien au delà de 100.000.
La forêt est un endroit assaini par les plantes et les mycélia.

Qui consulter ?

J’essaie de développer des techniques simples où je ne suis pas au centre de la prise en charge j’essaie de former des personnes à une alimentation saine, à des prises de mesures par des tests respiratoires. Ça commence par une réappropriation des concepts de physiologie, d’anatomie,  comprendre la nutrition, donc je forme des personnes.

On peut éventuellement me demander des adresses pour que je leur indique des personnes de proximité.
Il y a des produits à base de champignons, ce ne sont ni des médicaments, ni des compléments alimentaires, ce sont des produits uniquement naturels mis en état de poudre, disponibles en vente libre. Ces produits à base de mycélia sont disponibles auprès de Forêt et Nature.

Un dernier conseil ?

Faites un peu de sport (avec de la torsion) et allez voir des ostéopathes qui savent libérer le tube digestif.
Fin de l’interview.

Trouver un praticien

Le mieux est d’appeler le secrétariat du Dr Donatini à Cormontreuil (Marne) de la part de Naturo-Passion. Les coordonnées figurent sur les Pages Jaunes.
Sur Paris et région parisienne, vous pouvez me contacter pour une consultation, ainsi que Christophe Etienne.

Portez-vous bien !
 Florian KAPLAR
© Naturopathie Passion

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