La vitamine C
Florian Kaplar, j’ai une question #2 : « La vitamine C de synthèse vaut-elle la vitamine C naturelle ? »

Voici le 2ème numéro de FKJA1Q (Florian Kaplar, j’ai une question) consacré à la reine des vitamines, la vitamine C, isolée et synthétisée depuis 1933.

Cette vitamine hydrosoluble est nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme. Comme nombre de micronutriments, son rôle est crucial : elle intervient notamment dans la synthèse de la noradrénaline (ainsi que d’autres hormones), dans la formation de la peau (collagène), des os et des dents ; elle lutte contre l’inflammation et la formation de radicaux libres (qui oxydent l’organisme et le font vieillir plus vite) ; elle protège des infections, prévient l’anémie et le saignement des gencives et elle favorise la cicatrisation des plaies.

Fabriquée par presque tous les animaux, à l’exception des humains, des primates et des cochons d’Inde, la vitamine C doit dans ce cas être apportée par l’alimentation.

Les chiens et les chats fabriquent leur propre vitamine C à partir du glucose des aliments ingérés. Du coup, ils n’ont pas besoin de consommer d’aliments en contenant. La chèvre fabrique 12 g/j de vitamine C voire 10 fois plus en cas de besoins augmentés !

De combien avons-nous besoin de vitamine C chaque jour ?

Les agences sanitaires recommandent aujourd’hui un apport journalier de 90 à 110 mg/j qui permet essentiellement de prévenir une carence pouvant mener au scorbut, mais non de placer l’organisme dans des conditions de fonctionnement optimal. Le Dr Linus Pauling (1901-1994), double prix Nobel (Chimie et Paix), recommandait quant à lui une consommation de 2 à 20 g/j, voire plus en cas de maladie.

Alors, question : de synthèse ou naturelle, laquelle est la meilleure, laquelle choisir ?

1/ La vitamine C, qu’elle soit d’origine naturelle (type acérola) ou synthétique, est la même molécule : l’acide L-ascorbique.

Si l’on veut être plus précis et plus savant, la vitamine C est de l’acide L-ascorbique dextrogyre (et non lévogyre comme on peut encore le voir encore sur internet). La lettre L figurant avant le mot ascorbique n’a rien à voir avec le mot lévogyre, elle indique juste le positionnement du groupement hyrodxyle sur le carbone hémiacétal dans la représentation moléculaire dite de Fischer (D : à droite, L : à gauche). La vitamine C ayant un pouvoir rotatoire de la lumière à droite, elle est donc dextrogyre.

2/ La vitamine C d’origine naturelle est beaucoup plus chère que la vitamine C synthétique.

Par exemple, un comprimé de cette vitamine C naturelle Acérola bio (qui au passage est un complément tout à fait acceptable) comprend 1000 mg de poudre d’extrait d’acérola qui ne contient que 175 mg de vitamine C. Si voulez 1000 mg de vitamine C, il vous faudrait absorber 6 comprimés ! Ramené au gramme, cette vitamine coûte 1,08 €.

En vitamine de synthèse, je vous suggère ces deux produits : une vitamine C en poudre au format 1 kg (il existe un format 500 g) et donc à prix doux, exempte d’OGM, d’allergène, d’ionisation et de nanomatériaux. Au gramme, cette vitamine C coûte moins de 3 centimes d’euros, soit 37 fois moins chère que la naturelle !

Vous pouvez aussi vous orienter sur cette vitamine C de synthèse 100% pure, un peu plus chère mais conditionnée en France (il existe également un format 500 g). Comme la précédente, elle ne contient aucun excipient et aucun additif. Elle est obtenue par fermentation de maïs non OGM, non irradié, non ionisé.

Assurez-vous lorsque vous achetez un complément de vitamine C qu’il respecte la norme internationale CAS 50-81-7 définissant l’acide L-ascorbique.

3/ La vitamine C de type acérola comprend souvent un mélange d’acérola et de vitamine C de synthèse, voire du sucre ajouté alors que la forme synthétique est pure à 99,9%.

La vitamine C naturelle Acérola bio évoquée précédemment comprend du sucre ajouté et de l’extrait d’orange (les quantités ne sont pas précisées). Comme le comprimé fait 2,2 g dont 1 de poudre d’acérola, le reste (1,2 g) comprend le sucre et l’extrait d’orange.

Selon les fabricants, les deux vitamines C de synthèse citées sont pures à 99,9%.

4/ La vitamine C est sensible à la lumière, la chaleur et l’oxygène, elle s’oxyde facilement.

La vitamine C est la plus fragile de toutes les vitamines : elle est sensible à l’eau, à la chaleur à l’air et à la lumière.

Par exemple à température ambiante, la moitié de la teneur en vitamine C d’un aliment peut être perdue en 24 heures.

Les modes de cuisson et de stockage doivent donc être adaptés de manière à limiter les pertes.

Une cuisson à la vapeur douce (en dessous de 100°C) et de courte durée est largement recommandée pour vos légumes. Le mieux est encore d’augmenter la part de végétaux crus dans votre alimentation.

Au final, les aliments riches en vitamine C et la vitamine C extraite de fruits présentent ce risque de perte de façon plus élevée que la vitamine synthétique.

5/ L’absorption et l’assimilation sont identiques pour les deux formes.

Qu’elle soit naturelle ou de synthèse, la vitamine C produit les mêmes effets dans notre organisme.

Selon cette étude néozélandaise, les études comparatives de biodisponibilité chez l’homme n’ont montré aucune différence entre la vitamine C de synthèse et la vitamine C naturelle, quels que soient la population, le protocole d’étude ou le type d’intervention [2].

6/ La vitamine C d’origine naturelle comprend des flavonoïdes (antioxydants) qui agissent en synergie avec l’acide L-ascorbique.

C’est tout à fait vrai et c’est d’ailleurs l’un des avantages de la vitamine C naturellement présente dans les fruits. La présence de bioflavonoïdes, qui sont eux-mêmes des antioxydants, potentialise l’action de la vitamine C.

La vitamine C naturelle est par ailleurs moins acide.

Certains fabricants de vitamine C synthétique ajoutent des flavonoïdes dans les comprimés.

Conclusion :

Pour assurer vos besoins quotidiens en vitamine C, le premier réflexe est d’inclure dans votre alimentation des végétaux riches en vitamine C (acérola, cassis, poivron, persil, kiwi, goyave, brocoli, radis noir, etc.).

Ensuite, dans certains cas particuliers (maladies, stress intense, tabagisme, etc.), la prise de vitamine C à haute dose telle que recommandée par la médecine orthomoléculaire fondée par le double prix Nobel Linus Pauling peut s’avérer nécessaire et très utile. Il faut donc recourir à des compléments alimentaires car l’alimentation et la vitamine C naturelle ne permet pas d’atteindre des taux élevés (supérieurs à 1.000 mg/j). A titre d’exemple, il faudrait consommer 500 g de persil pour obtenir ne serait-ce que 100 mg de vitamine C !

Pour ma part, je recommande la vitamine C synthétique à mes patients et c’est celle que j’utilise également à titre personnel.

N’hésitez pas à consulter un professionnel de santé pour vous conseiller sérieusement, car il existe plusieurs formes de vitamine C, dont une à base d’ascorbate de sodium (attention aux personnes qui doivent surveiller leurs apports en sodium !).

Et vous, quelle vitamine C utilisez-vous ? Quels sont vos retours d’expérience ? Partagez-les ci-dessous en commentaire.

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[1] https://www.anses.fr/fr/content/vitamine-c-ou-acide-ascorbique

[2] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3847730

Portez-vous bien !