Le jeûne intermittent et la diabète

Après un premier article sur le jeûne intermittent, que vous pouvez consulter ici et qui figure parmi les articles les plus lus de ce blog, je souhaitais vous faire part d’une nouvelle étude scientifique réalisée au Royaume-Uni qui montre que le jeûne intermittent apporterait les mêmes bénéfices en matière de prévention du diabète et des maladies cardiovasculaires, que ceux de la chirurgie de l’estomac, mais sans les risques ni le coût.


Selon le British Journal of Diabetes and vascular Disease qui a publié l’étude en avril 2013 [1], les auteurs ont constaté que c’est le régime extrêmement restrictif imposé avant la chirurgie de l’estomac qui est directement responsable d’une rémission rapide du diabète, dans les jours qui suivent la chirurgie.

Ils rappellent que de nombreuses études ont déjà suggéré que le suivi de périodes de jeûne induit chez les animaux de laboratoire une augmentation de la longévité, une amélioration de la santé et une réduction de maladies telles que le cancer, les troubles neurologiques ou encore les troubles du rythme circadien.

Toujours selon ces auteurs, le jeûne intermittent peut se pratiquer de plusieurs façons, le principe de base reposant sur une alternance de périodes avec une alimentation « normale » et de périodes avec une forte restriction calorique. A titre d’exemple, la stratégie du jeûne 5/2 consiste à jeûner deux jours par semaine pendant lesquels les apports caloriques sont d’au plus 600 calories pour les hommes et 500 pour les femmes.
Ce type de jeûne paraît aussi efficace, voire plus, au regard de la perte de poids, que le jeûne avec des périodes de restriction plus modérée, en améliorant notamment la sensibilité à l’insuline (qui permet de faire baisser la glycémie et donc le stockage des graisses).
Le jeûne permet :
– de limiter l’inflammation,
– d’améliorer les taux plasmatiques de glucose et de lipides
– de réduire la pression artérielle
– d’améliorer l’efficacité du métabolisme
– de réduire le stress oxydatif
– de mobiliser les triglycérides du tissu non adipeux vers le tissu adipeux

Le jeûne intermittent et l’obésité

L’obésité repose sur de multiples anomalies génétiques, métaboliques et comportementales qui en compliquent le traitement. La plupart des thérapies pharmaceutiques qui favorisent la perte de poids ont été abandonnées, et aujourd’hui, le seul médicament anti-obésité autorisé sur le marché britannique est l’Orlistat. Un nombre croissant de personnes obèses ont recours à la chirurgie bariatrique (pose d’un anneau gastrique ou ablation d’une partie de l’estomac), qui demeure toutefois réservée à une faible minorité de patients.

Tout traitement de l’obésité doit passer par le changement des habitudes alimentaires qui constitue en général la première étape de tout programme de perte de poids.
Et le jeûne intermittent, malgré son apparence stricte, peut se révéler particulièrement intéressant dans le traitement des personnes souffrant d’obésité morbide chez qui il entraîne une diminution significative du poids.
Le jeûne intermittent constitue ainsi une approche thérapeutique cliniquement pertinente pour le traitement de l’obésité.

Le jeûne intermittent et du diabète de type 2

Diabète et obésité allant souvent de pair, les patients sont généralement incités à perdre du poids. Cependant, certains médicaments contre le diabète ont pour effet d’augmenter l’obésité existante. Selon les auteurs, puisque le jeûne intermittent réduit l’incidence du diabète chez les animaux, il serait évident que ce type de jeûne puisse aussi ralentir la progression du diabète de type 2 chez les personnes obèses.

Et effectivement, une étude récente a confirmé des études précédentes prouvant la rémission du diabète de type 2 par la restriction calorique journalière qui améliore la fonction pancréatique et réduit le dépôt de triglycérides.

La restriction à 600 calories par jour pouvant s’avérer trop drastique chez les diabétiques de type 2, la stratégie de jeûne intermittent est peut-être plus acceptable et permet encore :
– d’améliorer les paramètres métaboliques, les niveaux d’insuline et la sensibilité à l’insuline et
– de prévenir le développement de complications diabétiques.
C’est ainsi que le jeûne intermittent peut apporter une grande partie des bénéfices de la chirurgie bariatrique mais sans les coûts ni les risques associés à la chirurgie.
Le jeûne intermittent pourrait donc être utilisé comme un outil de prévention ou de contrôle du diabète chez les personnes à risque élevé (glycémie à jeûn anormale ou diminution de la tolérance au glucose).

Le jeûne intermittent et les maladies cardiovasculaires

Le jeûne intermittent peut être considéré comme un traitement potentiel des personnes à haut risque cardiovasculaire. Chez les animaux, il améliore la pression artérielle et la fréquence cardiaque. Des études sur la restriction calorique ont montré une diminution des taux de cholestérol, des triglycérides, de la pression artérielle et de l’épaisseur intima-media de la carotide.
Le jeûne intermittent semble avoir un effet cardioprotecteur en permettant notamment de réduire les taux de cholestérol LDL et total.
Les auteurs soulignent que si le jeûne est généralement reconnu comme potentiellement bénéfique pour réduire le risque cardiovasculaire, un jeûne trop zélé sur une période prolongée peut présenter le risque d’une diminution de la masse musculaire cardiaque.
Conclusion

La pratique du jeûne intermittent favorise la perte de poids, réduit le diabète et améliore la santé cardiovasculaire des personnes en surpoids, obèses et/ou atteintes de diabète de type 2.

Cette pratique est par ailleurs peu coûteuse et présente peu d’effets indésirables.

Rappelons que l’incidence du diabète a plus que doublé en France depuis 2000. Aujourd’hui, plus de trois millions de patients doivent se traiter avec de l’insuline. L’OMS prévoit que ce nombre pourrait s’élever à 5 millions d’ici 2022.

SOURCE
Les références scientifiques sur lesquelles s’appuient les auteurs pour étayer leurs propos sont indiquées dans l’article original de l’étude.
[1] Intermittent fasting: a dietary intervention for prevention of diabetes and cardiovascular disease?

http://dvd.sagepub.com/content/13/2/68.abstract?patientinform-links=yes&legid=spdvd;13/2/68

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