La prise d’antibiotiques lors de la première semaine de vie des nouveaux-nés affecte négativement et durablement leur microbiote intestinal, même pour une durée très faible de traitement d’un jour et demi.

Les antibiotiques, dont l’utilisation remonte au milieu du XXème siècle, ont sauvé de nombreuses vies en améliorant les traitements contre les maladies infectieuses d’origine bactérienne. Mais leur usage, encore trop massif et inapproprié, a fait apparaître des résistances qui constituent l’une des plus sérieuses menaces sanitaires contre l’humanité. La prescription d’antibiotiques doit se faire avec toute la retenue nécessaire. Rappelez-vous, les antibiotiques ne fonctionnent pas contre les virus (ni les champignons.) ; il est donc inutile d’y recourir contre la grippe, le rhume ou la varicelle.

Selon des résultats de l’étude ZEBRA (essai randomisé contrôlé),  portant sur 147 bébés et publiée en juin 2019, les enfants ayant reçu des antibiotiques au cours de leur première semaine de vie, présentent un microbiote intestinal altéré, jusqu’à l’âge d’un an ! Par rapport au groupe témoin, les chercheurs ont constaté que des bactéries bénéfiques, dont certaines essentielles pour les nouveaux-nés, manquaient ou étaient moins diversifiées.

En outre, les chercheurs ont découvert que les enfants traités précocement développaient une résistance accrue aux antibiotiques en raison d’une plus grande variété de gènes résistant aux antibiotiques (résistome).

Les antibiotiques ne sont pas inéluctables, d’autant plus qu’ils sont inefficaces s’ils sont mal choisis et qu’il faut parfois en utiliser plusieurs successivement. Mais il est très important de disposer au préalable du diagnostic adéquat du médecin avant toute éventualité d’automédication, qui pourrait s’avérer préjudiciable.

Mes conseils :

– D’abord prévenir les infections de bébé en stimulant son immunité avec une bonne hygiène de vie : privilégier l’allaitement quand c’est possible, lui faire prendre l’air quotidiennement par tous temps (avec un habillement adapté), ne pas fumer dans l’entourage, etc.
– Puis, en cas d’infection, demander systématiquement à votre médecin traitant si la prescription d’antibiotiques est incontournable ou s’il existe une alternative. L’une des plus prometteuse semble être le recours aux virus bactériophages, hélas encore trop peu utilisés en France. Pourtant la phagothérapie a été inventée en France par Félix d’Hérelle en 1900 mais l’avènement des antibiotiques l’a rendue obsolète. En attendant, les huiles essentielles (origan) ou l’argent colloïdal, par exemple, sont des solutions naturelles à explorer.
– Prendre des probiotiques (adaptés) pour prévenir les crampes intestinales et les intolérances alimentaires parfois induites par l’utilisation d’antibiotiques.

Pour éviter tout impair, consultez un professionnel de la santé naturelle.

Portez-vous bien !