vitamineD_Naturo-PassionLors d’une consultation chez le médecin de famille, en vue d’obtenir des certificats d’aptitude à la pratique sportive pour les enfants, nous en avons profité pour demander notre dose annuelle de vitamine D.
D’après les dernières statistiques, 80% des Français seraient en déficit de vitamine D. Si notre organisme est capable de la synthétiser grâce aux rayonnements UVB du soleil, il est conseillé, compte tenu de la latitude de la France, de se supplémenter d’octobre à mars. Lorsqu’il y a deux ans j’avais demandé à mon médecin de me prescrire un dosage sanguin de vitamine D, j’ai eu la surprise de découvrir que j’étais à deux doigts de la carence sévère

Qu’est-ce que la vitamine D ?

La vitamine D est la quatrième vitamine découverte (Edward Mellanby, 1922). Appelée aussi calciférol, elle appartient au groupe des vitamines liposolubles, c’est-à-dire qu’elle est stockée dans les graisses. Etant donnée qu’elle peut être synthétisée par l’organisme via le cholestérol et du soleil, elle ne constitue pas à proprement parler une vitamine alimentaire essentielle et doit donc être considérée plutôt comme une hormone.
Il existe deux formes de vitamine D, la vitamine D2 d’origine végétale (ergocalciférol) et la vitamine D3 d’origine animale (cholécalciférol).

Quel est son rôle ?

La vitamine D joue un rôle majeur dans la croissance et la minéralisation osseuse mais elle intervient aussi dans la différenciation et la prolifération cellulaires.

Comment est-elle apportée à l’organisme ?

La vitamine D peut être apportée à l’organisme selon trois modes :

  • la peau (sous l’action des rayonnements UVB du soleil),
  • l’alimentation et
  • la supplémentation.

La vitamine D3 est principalement synthétisée par la peau sous l’influence du rayonnement ultraviolet.
L’alimentation apporte de la vitamine D2 ou de la vitamine D3 selon les aliments.
La vitamine D3 est supérieure à la vitamine D2 dans le sens où l’efficacité de la D2 n’est que de 60% de celle de la D3.

Comment agit-elle ?

La vitamine D est véhiculée par le sang, transformée par le foie et le rein en métabolite actif, le calcitriol, et agit sur des récepteurs spécifiques pour augmenter la calcémie (taux sanguin de calcium). Sa synthèse est régulée par la calcémie.

Carence ou insuffisance ?

On parle d’insuffisance lorsque le taux sérique de vitamine D est inférieur à 30 ng/ml et de carence lorsque ce taux est inférieur à 10 ng/ml.

CarenceVitamineD_Naturo-Passion

 
Les taux recommandés officiels sont entre 30 et 70 ng/l, l’examen de la littérature scientifique nous amène à privilégier un taux optimal de 50 ng/l.

Les aliments en possèdent-ils ?

Très peu. L’institut de veille sanitaire dit que les Français en consomment en moyenne moins de 100 UI/j alors que les apports conseillés seraient plutôt de l’ordre d’au moins 1.000 UI/j !
En vitamine D2, vous ne pourrez compter que sur le shitake séché au soleil, qui en apporte 20-25 µg (800-1.000 UI) pour 100 g.
En vitamine D3, selon la table de composition nutritionnelle CIQUAL 2012 de l’ANSES, c’est l’huile de foie de morue qui apporte le plus, et de loin : 250 µg pour 100 g, soit 10.000 UI, mais elle ne peut pas être considérée comme une source optimale en raison de sa forte teneur en vitamine A qui peut nuire à l’action de la vitamine D.
Selon Wikipédia, c’est sans conteste l’huile de flétan qui est la plus riche en vitamine D puisqu’elle affiche 50.000 µg pour 100 g, soit 2.000.000 UI !

Les effets de la vitamine D

La vitamine D agit sur le métabolisme phosphocalcique mais aussi sur la différenciation et la prolifération cellulaires. L’influence de la vitamine D est considérable : elle agit sur plus de 200 gènes ! Son rôle de régulation du génome humain montre à quel point une carence prolongée peut avoir de graves conséquences pathologiques (source).
De nombreuses études lui attribuent un effet dans des pathologies très diverses : cancer, sclérose en plaque, immunité, polyarthrite rhumatoïde, entérocolopathies inflammatoires, maladies cardiovasculaires, arthrose, etc.

Faut-il se supplémenter ?

Oui, sauf à avoir une activité en extérieur permettant de bénéficier d’un ensoleillement régulier et suffisant, mais vu que 80% de la population est en insuffisance (source), il est conseillé de se supplémenter, en particulier, les enfants, les femmes ménopausées, les personnes de 65 ans et plus, sujettes aux chutes et aux fractures.
Selon Bernard Salle, professeur émérite de pédiatrie de l’université Claude-Bernard à Lyon et membre de l’Académie nationale de médecine, les besoins d’un adulte en vitamine D en prévention des maladies chroniques seraient de 1 000 à 4 000 UI/jour ; pourtant la France continue de recommander 200 UI/j (source). L’Académie de médecine reconnaît que les besoins sont aujourd’hui largement mésestimés compte tenu du déficit généralisé dans la population, mais rien n’a été fait. Il y a 20 ans, les apports nutritionnels conseillés étaient même curieusement abaissés de 480 UI à 200 UI/j…
D’après les Cahiers de nutrition et de diététique, l’intoxication à la vitamine D est rare. Aucune toxicité n’a été constatée jusqu’à 10.000 UI/j, considérées comme la limite supérieure de sécurité.
Depuis une douzaine d’années, des dizaines de milliers d’études scientifiques ont suggéré les bienfaits de la vitamine D dans de très nombreux aspects de la santé. Rien qu’en 2012, près de 3.900 études scientifiques ont été publiées, c’est 3 fois plus qu’il y a 10 ans.
En 2010, à l’appel du Dr David Servan Schreiber, 40 scientifiques internationaux se sont mobilisés pour demander que la vitamine D, essentielle pour la prévention du cancer, des maladies cardiaques et de l’ostéoporose, fasse l’objet de recommandations de supplémentation généralisée par les autorités publiques.
La rançon du succès est qu’aujourd’hui les dépenses en dosage de la vitamine D ont explosé. L’Assurance maladie a donc commandé un rapport qui vient d’être publié sur le site de la Haute Autorité de la Santé et qui conclut que le dosage de vitamine D en routine n’est pas utile.
Dans son rapport publié le 30/10/2013, la HAS ne reconnaît l’utilité au dosage de vitamine D que dans des cas très précis : diagnostic de rachitisme et d’ostéomalacie, prise de médicaments de l’ostéoporose, personnes âgées faisant des chutes répétées, suivi ambulatoire de l’adulte transplanté rénal au-delà de 3 mois après transplantation, traitement chirurgical de l’obésité chez l’adulte.
Il ne s’agit à ce stade que de recommandation [Mise à jour 2014 : le dosage de la vitamine D n’est plus remboursé]. Aussi, je ne saurais trop vous conseiller d’en parler à votre médecin et de lui demander de contrôler votre taux sanguin de vitamine D (dosage 25[OH]D), il ne vous le proposera de lui-même que très rarement.
Les produits de supplémentation sont nombreux, tant en pharmacie, qu’en magasin diététique ou sur Internet. Mon généraliste nous a prescrit la ZYMAD, délivrée uniquement sur ordonnance et prise en charge. Au vu des excipients douteux que contiennent d’autres produits, il apparaît que c’est plutôt un bon choix. C’est avec ce supplément que j’ai réussi à multiplier mon taux initial par trois et à le faire remonter au-dessus de 30 ng/l.

Que contient une ampoule de ZYMAD ?

En consultant la fiche du ZYMAD sur le site public www.medicaments.gouv.fr, on apprend qu’une dose de ZYMAD 200.000 UI contient les éléments suivants :

  • Cholécalciférol (vitamine D3)
  • Huile essentielle d’orange douce
  • Macrogolglycérides oléiques
  • Huile d’olive raffinée

INFO pour les végétaliens/véganes : le ZYMAD n’est pas végane
La notice ne donnant aucune précision sur l’origine du cholécalciférol utilisé, j’ai contacté le laboratoire ROTTAPHARM à qui les droits ont été cédés par NOVARTIS récemment. Après m’avoir dit au départ que le ZYMAD ne contenait aucun produit d’origine animale, le service « Vigilance et Information médicale » m’a écrit pour me signaler que « l’un des éléments permettant de fabriquer le cholécalciférol contenu dans ZYMAD est la laine de mouton ».
Pour ceux qui souhaitent une vitamine D3 100% végétale, il y a ce produit éthique et naturel commercialisé par la société française NUTRANATVégéK2D3, qui associe vitamine K2 et vitamine D3 ou celui-ci : http://vitashine-d3.com/.

Pour ceux qui veulent aller plus loin, je vous invite à lire la synthèse complète sur la vitamine D (30 pages !) de mon ami Jacques Valentin, l’un des meilleurs spécialistes français indépendants sur les compléments alimentaires.

*

*          *

La vitamine D, tout comme les autres vitamines et compléments alimentaires, font régulièrement l’objet de suspicions sur leur réelle efficacité.
Le pharmacien canadien, Jean-Yves Dionne, évoque dans cet article la thèse du Dr Sylvie Demers, auteur de l’ouvrage « Le mythe de la vitamine D – Rétablir la vérité sur les hormones » selon laquelle personne ne manque de calcitriol qui est la seule forme active de la vitamine D (cf. ci-dessus).
Et cet article très surprenant signé par la courageuse Nicole Delépine qui se bat contre la fermeture de son unité d’oncologie pédiatrique [Mise à jour 2014 : le service a été fermé le 8 août 2014], au titre assez racoleur : « Le culte des vitamines en passe de se révéler l’une des plus grosses arnaques du siècle » où elle conseille, sur la foi de résultats d’études d’épidémiologie, et donc avec des risques de biais d’interprétation très forts : « d’arrêter d’être obsédé par sa santé et toutes les pseudo mesures préventives qui transforment en malades trop de gens normaux ».
Après, chacun est libre de se supplémenter ou non, en toute connaissance de cause bien sûr.
D’un côté, vous avez des dizaines de milliers d’études qui vont dans le même sens, celui d’une recommandation de supplémentation en vitamine D, de l’autre, quelques voix s’élèvent pour tenter de faire prendre conscience que les suppléments ne sont qu’une affaire de business, en oubliant presque les résultats difficilement contestables de leur efficacité.
Portez-vous bien !
 Florian KAPLAR
© Naturo-Passion.com

Portez-vous bien !