Le vinaigre, en particulier le vinaigre de cidre, a le vent en poupe. Quelles sont ses propriétés ? Fait-il vraiment maigrir ?  Je vous partage l’analyse du Dr Jason Fung, auteur de Code Obésité, dont le passage qui suit est extrait.
Vous aimez le vinaigre, vous le consommez et en tirez des bienfaits ? Racontez-nous en commentaire.

Le mot vinaigre tire son origine des mots latins vinum acer, qui signifient « vin aigre ». Le vin laissé intact se transforme en vinaigre (acide acétique). Les peuples anciens ont rapidement découvert la polyvalence du vinaigre. L’utilisation du vinaigre comme substance nettoyante est toujours répandue. Les guérisseurs traditionnels exploitaient les propriétés antimicrobiennes du vinaigre avant l’arrivée des antibiotiques en l’utilisant pour nettoyer les plaies. Le vinaigre non filtré contient de la « mère », qui est constituée des protéines, des enzymes et des bactéries utilisées pour faire le vinaigre.
Le vinaigre est utilisé depuis longtemps pour préserver les aliments par macération. Comme boisson, le goût acidulé et aigre du vinaigre n’a jamais gagné en popularité, même si l’on rapporte que Cléopâtre buvait du vinaigre dans lequel on avait dissous des perles. Cependant, le vinaigre reste populaire comme condiment pour les frites, comme composant pour les sauces (vinaigre balsamique) et comme ingrédient dans la préparation du riz à sushi (vinaigre de riz).
Le vinaigre dilué est un tonique traditionnel pour la perte de poids. On trouve des mentions de ce remède dès 1825. Le poète anglais Lord Byron a popularisé le vinaigre comme tonique pour la perte de poids et on rapporte qu’il pouvait manger pendant des jours des biscuits et des pommes de terre trempés dans le vinaigre (1).

Les autres façons d’utiliser le vinaigre sont d’en avaler plusieurs cuillerées à thé avant les repas ou de le boire, dilué dans de l’eau, au coucher.

Le vinaigre de cidre semble avoir gagné en popularité puisqu’il contient à la fois du vinaigre (acide acétique) et des pectines provenant du cidre (un type de fibres solubles).
Il n’existe pas de données à long terme sur l’utilisation du vinaigre pour perdre du poids. Cependant, des études à court terme sur les humains suggèrent que le vinaigre peut aider à réduire la résistance à l’insuline (2). Deux cuillères à thé de vinaigre prises avec un repas riche en glucides abaissaient la glycémie et l’insuline jusqu’à 34 %, et en prendre juste avant le repas était plus efficace que de le prendre cinq heures avant les repas (3). L’ajout de vinaigre au riz à sushi abaissait l’indice glycémique du riz blanc de presque 40 % (4). L’ajout de légumes marinés et de soja fermenté (natto) réduisait également de façon significative l’indice glycémique du riz. De la même manière, le fait de substituer les concombres marinés aux concombres frais avec le riz a permis de démontrer une baisse de 35 % de l’indice glycémique (4).
Les pommes de terre, servies froides et préparées en salade avec du vinaigre, ont un indice glycémique considérablement plus faible que des pommes de terre ordinaires. Le fait de les garder au froid peut favoriser le développement d’amidon résistant, et le vinaigre ajoute aux bienfaits. L’indice glycémique et l’indice d’insuline ont été réduits respectivement de 43 % et de 31 % (5). La quantité totale de glucides est la même dans tous les cas.

Le vinaigre ne supplante pas les glucides, mais semble exercer un effet protecteur sur la réponse insulinique.

Des diabétiques de type 2 qui ont bu deux cuillères à soupe de vinaigre de cidre dilué dans de l’eau au coucher ont réduit leur glycémie matinale à jeun (6). Des doses plus élevées de vinaigre semblent aussi augmenter la satiété, ce qui cause un apport calorique légèrement moins élevé pour le reste de la journée (environ 200 à 275 calories de moins). On a également observé cet effet avec les produits à base d’arachides. Il est intéressant de noter que les arachides ont provoqué une diminution de 55 % de la réponse glycémique (7).
On ne sait pas comment l’acide acétique produit ces effets bénéfiques. L’acide pourrait interférer avec la digestion des féculents en inhibant l’amylase salivaire. Le vinaigre pourrait également ralentir la vidange gastrique. Les données sont contradictoires ; au moins une étude démontre une diminution de 31 % de la réponse glycémique, mais aucun délai significatif sur le plan de la vidange gastrique (8).
L’utilisation de vinaigrettes à base d’huile et de vinaigre est associée à un risque plus faible de maladies cardiovasculaires. Le bienfait était originellement attribué à l’effet de l’acide alpha-linolénique alimentaire. Cependant, le Dr Frank B. Hu, de l’Université Harvard, souligne que la mayonnaise, qui contient des quantités similaires d’acide alpha-linolénique, ne semble pas fournir la même protection contre les maladies cardiovasculaires (9). Peut-être que la différence ici est la consommation de vinaigre. Bien que loin d’être concluante, cette hypothèse est certainement intéressante.
Mais ne vous attendez pas à une perte de poids rapide grâce à l’utilisation du vinaigre. Même ses adeptes soutiennent n’avoir bénéficié que d’une légère perte de poids.
REFERENCES (1) à (9) à consulter dans le livre.
 

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Ce passage est extrait du livre Code Obésité de jason Fung (éditions Trécarré).

Je vous proposerai deux autres passage de ce livre très intéressant que je vous recommande. L’un portera sur le métabolisme du fructose, un sucre qu’il convient d’éviter lorsqu’il n’est pas issu des fruits et vous saurez pourquoi ; l’autre sur les limites de l’indice glycémique qui permet de catégoriser les aliments en fonction de l’augmentation du taux de glucose sanguin qu’ils induisent.
Portez-vous bien !
 Florian KAPLAR
Diététicien-Naturopathe
© Naturo-Passion.com
 

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