La viande rouge n’est pas une source saine de fer pour les jeunes enfants | Naturopathie Passion
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La viande rouge n’est pas une source saine de fer pour les jeunes enfants

Nourrir les enfants dès 6 mois avec de la viande rouge est inutile et potentiellement dangereux, selon une étude du du Dr Ulka Agarwal, directeur du Clinical research for the physicians committee.

La possibilité de carence martiale au cours de l’enfance a conduit certains professionnels à recommander la viande rouge pour les bébés. Et pourtant, ce n’est vraiment pas la meilleure option…

En effet, les enfants et les adultes qui ne consomment pas de viande rouge n’ont pas de risque plus élevé de carence en fer par rapport à ceux qui en mangent.

L’auteur recommande ainsi une alimentation en végétaux riches en fer, comme les légumes à feuilles vertes, les légumineuses, les céréales complètes, afin de développer des habitudes saines sur le long terme.

Ce type d’alimentation permettra d’éviter les effets néfastes liés à la consommation de la viande rouge, aujourd’hui largement documentés, tels que le cancer, les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2.

L’auteur a analysé des dizaines d’études

Une étude de Harvard de 2012, portant sur une population de plus de 120.000 personnes a montré un risque accru de mortalité de 12% pour une portion quotidienne de 100 g de viande rouge.

En revanche, la substitution de cette portion par des noix, des céréales complètes, ou des légumineuses, induisait une réduction de ce risque, respectivement de 19, 14 et 10%.

Une étude parue en 2009 sur plus d’un demi-million de personnes a montré que la consommation de viande rouge augmentait la mortalité de 36%.

Deux méta analyses de 2011 ont mis en avant une association entre viande rouge et cancer colorectal.

Ces études ainsi que de nombreuses autres ont été analysées par l’auteur et sont référencées dans le document cité à la fin de cet article, cf. sources (1).

Les végétaux constituent une bonne source de fer

Ils permettent de satisfaire les besoins sans apporter les inconvénients du fer contenu dans la viande.

Le fer contenu dans la viande est à 40% du fer héminique (que l’on trouve uniquement dans la viande ou le poisson), le reste étant du fer non héminique. Le fer contenu dans les végétaux (et les produits laitiers) est à 100% du fer non héminique.

Entre 15 à 40% du fer héminique est absorbé contre seulement 1 à 15% du fer non héminique.

L’absorption du fer est améliorée en présence de vitamine C, de rétinol, de carotène, mais est inhibée par l’acide phytique, les polyphénols, les protéines de soja, les œufs, le calcium et les sels de phosphate.

En raison de la faible assimilation du fer non héminique, l’Institut de médecine (américain) avait recommandé des apports élevés en fer pour les végétariens, en se fondant sur une seule étude dont il a été constaté qu’elle portait sur des personnes dont l’alimentation comprenait beaucoup d’aliments inhibant l’absorption de fer et peu qui l’amélioraient. L’Institut de médecine avait alors conclu que la biodisponibilité du fer provenant d’une alimentation végétarienne était de 10% contre 18% pour une alimentation omnivore.

Bien que le fer non héminique soit moins bien absorbé que le fer héminique, en particulier en présence d’inhibiteurs, les enfants et adultes qui ne mangent pas de viande rouge n’ont pas une incidence de carence en fer plus élevée que les autres, et leurs taux de ferritine sérique sont normaux. (NB : la ferritine est une protéine contenue dans les cellules végétales ou animales et peut emporter jusqu’à 4.500 atomes de fer par molécule, elle constitue en quelque sorte une réserve de fer).

Une partie de l’explication tient au fait que le fer non héminique contribue davantage à la quantité totale de fer absorbé lorsque les réserves sont basses. En effet, lorsque les réserves de fer diminuent, son taux d’absorption augmente alors que si elles sont élevées, l’absorption baisse.

D’après une étude, un complément d’explication tiendrait au fait que le fer des végétaux est une source importante et facilement disponible.

D’autre part, la ferritine des végétaux est absorbée de façon indépendante, grâce à un système de transport distinct, de sorte qu’il n’entre pas en concurrence avec d’autres sources alimentaires de fer. Elle est absorbée de façon intacte et peut emporter simultanément 1.000 atomes de fer tandis que le fer héminique ne peut en emporter qu’un par un.

L’absorption de la ferritine végétale varie de 22 à 34% selon les études.

La ferritine issue des végétaux, associée à d’autres sources végétales de fer dans un régime alimentaire varié, fournit suffisamment de fer, en quantité raisonnable (l’excès de fer est dangereux).

Les enfants qui ne consomment pas de viande rouge ont un développement normal

L’apport adéquat en fer pour les bébés, de la naissance à 6 mois est basé sur la teneur en fer du lait maternel et l’apport nutritionnel recommandé (AJR) pour les nourrissons de 7 à 12 mois est basé sur une biodisponibilité du fer à 10% et non de 18%. Donc aucun réglage n’est nécessaire pour les nourrissons végétariens.

L’Institut de médecine (américaine) recommande 0,27 mg/ jour pour les bébés de la naissance à 6 mois, 11 mg pour les nourrissons âgés de 7 jusqu’à 12 mois, 7 mg pour les nourrissons de 12 à 36 mois. (NB : En France, l’apport journalier recommandé est de 0,5 à 1 mg  pour les nourrissons et de 7 mg pour les enfants âgés de 1 à 3 ans).

Le fer de la viande rouge est à 40% sous forme héminique et à 60% sous forme non héminique. Une alimentation riche en viande rouge fournit moins de 2 mg de fer, soit 10 à 12% du fer total sous forme héminique, ce qui suggère que la consommation de viande rouge contribue en fait peu à l’équilibre en fer. A noter : en France, 75 % du fer consommé est apporté par des aliments d’origine végétale et par le lait et ses dérivés, et 25 % par les viandes et poissons.

L’Académie de nutrition et de diététique (américaine) soutient que les régimes sans viande rouge sont sains et nutritionnellement adaptés durant chacune des étapes de la vie, depuis la petite enfance jusqu’à l’adolescence, dès lors qu’ils sont appliqués de manière appropriée.

En effet, les nourrissons, les enfants et les adolescents qui ne consomment pas de viande rouge connaissent un développement normal : leur croissance et leur taille sont similaires à celles de leurs homologues omnivores.

La viande rouge est intrinsèquement mauvaise

L’auteur ne peut que constater que les faits montrent que la consommation régulière de viande rouge est associée à un risque accru de mortalité et entraîne des conséquences négatives sur la santé à long terme.

L’auteur estime qu’il n’y a plus lieu désormais de considérer la viande rouge comme un aliment adapté pour les nourrissons, notamment en vue de pallier une déficience en fer. L’alternative est de consommer des légumes à feuilles vertes, des légumineuses et des céréales complètes qui rentrent dans le cadre d’une alimentation saine et qui répondent parfaitement aux besoins nutritionnels des nourrissons.

De manière générale, outre cette excellente analyse du Dr Ulka Agarwal, je précise aux chasseurs ou amateurs de viande d’animaux élevés « en liberté » que le fer héminique se retrouve en quantité équivalente dans la viande, indépendamment du mode d’élevage des animaux dont elle est issue.

Deux études de 2013 confirment que le fer héminique est associé à un risque accru de cancer colorectal (2) et d’accident vasculaire cérébral (3).

Faut-il encore rappeler que le fer de la viande rouge a la particularité d’induire à la cuisson la formation de mutagènes toxiques que n’a pas le fer des végétaux ?

Portez-vous bien !

 Florian KAPLAR
© Naturopathie Passion

Références :

[1] http://can.sagepub.com/content/early/2013/06/04/1941406413491285.full.pdf+html

[2] http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10552-013-0197-x/lookinside/000.png et http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10552-013-0197-x/lookinside/001.png

[3] http://stroke.ahajournals.org/content/early/2013/01/10/STROKEAHA.112.679662.abstract

Votre troisième jeunesse

9 comments

  1. jp dit :

    Il n’y a pas de vérités absolues globales, mais des cas particuliers. Nous ne reconnaissons pas les informations exclusives issues de certains centres de recherche certainement corrompues au système industriel, comme directives. Seulement comme éléments d’information.
    Trop de savoir tue le savoir.

  2. Il ne peut pas paraître évident que manger un produit en pleine décomposition – toute chair animale – puisse être bon pour la santé !

  3. Jérémy Anso dit :

    Le fer héminique serait-il à lui tout seul suffisant pour interdire de consommer de la viande rouge ? Même de bonne qualité, issu de la chasse ?

    J’aimerais savoir Florian si dans ton dernier paragraphe sur parle toujours de recommandation pour les nourrissons ? Ou pour les adultes ?

    En tout cas c’est intéressant car je dois rédiger un article sur les différence entre une viande d’élevage intensif de type bovin ou ovin, une viande d’élevage extensif avec de la viande de gibier.

    Personnellement, je suis convaincu du bien fondé d’une consommation parcimonieuse de viande rouge de gibier 2 fois par semaine. Tiens, d’ailleurs, aujourd’hui, c’est journée végétalienne.

    • Florian dit :

      Il n’y a pas que le fer héminique qui pose problème dans la viande rouge.

      On peut citer :

      – les facteurs de croissance IGF1 qui font proliférer les cellules cancéreuses
      – les récepteurs SIGLEC de la viande des mammnifères qui se fixent sur nos membranes, interfèrent avec nos propres récepteurs et augmentent le risque de développer un statut inflammatoire chronique (cf. Dr Bruno Donatini, gastro-entérologue, spécialisé en immunologie et cancérologue)
      – la molécule Neu5Gc qui entraîne une réaction inflammatoire des tissus et peut favoriser la croissance des tumeurs cancéreuses.
      – l’excès de méthionine considérée comme un activateur du cancer
      – les résidus de médicaments vétérinaires (anabolisants, antibiotiques, antiparasitaires, additifs, tranquillisants)
      – les nitrites de la charcuterie,
      etc., etc., etc.

      Je pense que pour ceux qui souhaitent maintenir une consommation modérée de viande il convient de se tourner plutôt vers la volaille pour laquelle il n’a pas été constaté d’effets carcinogènes.

  4. Jean-Louis dit :

    Bonjour Florian,
    Moi, je pense que les méta-analyses ont une valeur scientifique indéniable ; et je pense aussi que trop de savoir ne peut pas tuer le savoir, du moment où l’on a l’intelligence de faire la part des choses (en réponse aussi à JP).
    Je suis convaincu qu’une alimentation saine et variée peut pallier le manque de viande rouge ; je suis convaincu aussi qu’en toute chose il faut éviter les excès.
    Donc, la sagesse voudrait que l’on se nourrisse correctement en limitant la viande rouge à une « consommation plaisir ».
    Merci pour cet article que je vais socialiser.
    Bien cordialement,
    Jean-Louis

  5. stephanie dit :

    La section « L’auteur a analyser des dizaines d’études » fait principalement références à des études a grandes échelles sur des « populations » (qui sont probablement adulte). Quoi qu’il en soit, il a été démontré que la viande rouge est plus nocive que bénéfique dans l’alimentation humaine. Ceci dit, il y a confusion dans les sujets… le titre de l’article fait référence au nourrisson alors que la « méthodologie » fait référence à des populations adultes….

  6. Plus jeune avec une alimentation riche en produits carnés (principalement viande rouge), je faisais face à une malabsorption intestinale et un taux de ferritine au plus bas.
    Mon taux ne s’est jamais porté aussi bien depuis que j’ai adopté une alimentation équilibré, orientée végétarienne, avec quelques « écarts ».

    Article apprécié et partagé sur ma page.

  7. jonathan dit :

    Bonjour
    Merci pour l’information précieuse. Une remarque à dire à propos des viandes transformés qui sont plus dangereuses. Elles contiennent du nitrates pour la conservation qui peut réagir avec les acides aminés et forment des substances cancérogènes (composés N-nitroso). On doit absolument changer nos habitudes : manger les soupes riches en légumes avec un jus de citron, d’orange ou de pamplemousses pour favoriser l’absorption du fer.

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